La vie a commencé un peu sur les chapeaux de roue ici: de rien à faire (à part visiter des parcs et essayer d'ouvrir un compte de banque (chose faite, après un mois d'attente!)), nous sommes passés au début des cours, début des lectures, et début des séminaires.
Est-ce que c'est intéressant? Oui, pas mal! Mais il faut que tu y mettes du tiens, car 'un cours' c'est: environ 15% de cours-tel-qu'on-les-connait avec un prof en avant qui transmet sa matière; 20% de 'student-led seminars' pendant lesquels nous discutons les texte OU un seminaire pendant lequel un prof ne peut s'empêcher d'interrompre pour nous transmettre, encore une fois, tout sa sagesse infuse; et 65% de lecture autonome, et instructive on l'espère (15 + 20 + 65 =.... 100 ouf!).
Donc beaucoup de lecture à faire. Quelques présentations pendant les séminaires et quelques essays à écrire. Tout ça peut paraître facile, mais il faut être astucieux et étudier de façon intelligente car les examens ne seront pas avant juin. Donc si tu lis en remplissant ta mémoire à court terme, l'effort est plutôt inutile. Mieux vaut préparer tout de suite des documents d'étude et 'consolider ses acquis' en utilisant des connaissances transversales de façon à faire des liens entre l'économie et les approches théoriques de la science politique dans le contexte de la globalisation, réelle ou socialement construite, selon.... Bon, je suis encore en train de perfectionner ma technique d'étude à long terme!
J'ai finalement arrêté mon choix (car j'avais plusieurs options) sur les cours : From Empire to Globalization (qui est le cours de base de mon programme et qui dure toute l'année), the Politics of Economic Policy, ainsi que le fameux Global Political Economy of Development (tu ne veux pas avoir à prononcer ce titre de cours trop souvent au cours d'une soirée. Plus la soirée avance, plus tu risques de mélanger l'ordre des mots!)
Mais les cours ne sont qu'une partie du tout, car il y a un nombre incroyable de conférences, discussions, et 'afternoon tea chats' qui se déroulent chaque jour sur le campus. J'ai donc été voir des conférences par des bureaucrates de la banque centrale d'Italie parler de la régulation du système financier (bien tombée la sortie de leur livre sur ce sujet!), sur le réchauffement climatique, sur encore de nombreuses fois la crise financière (que je ne comprends toujours pas complètement, malgré que tout le monde en parle!), et j'ai aussi été entendre le ministre de l'environnement de l'Alberta 'set the record straight' sur les sables bitumineux. Je n'ai pas été très convaincue NI par leurs supposées techniques efficaces et innofensives d'extraction, NI par les petits gâteaux secs offerts à l'entrée. Je me demande toujours pourquoi le ministre a senti le besoin de venir défendre ses politiques environnementales à Londre et à LSE en particulier... Il n'y a pas tout le reste du Canada qui demande des réponses?
MA MAISON -- RIVE-SUD FOREVER!
J'habite dans une résidence universitaire qui est situé à Butler's Wharf, dans le quartier de Southwark (il faut prononcer Suduck, je vous jure! j'ai essayé de comprendre pourquoi en demandant à un Brit, et il n'y a aucune bonne raison.) Nous sommes 7 à vivre dans un appartement, chacun dans nos petites chambres mais avec, oh merci!, une cuisine-salon commune. Nous sommes seulement 2 ladies avec nos 5 gentlemen. C'est un peu comme l'ONU : Tomme (Finlande), Emily (Chine), Taslim (Bengladesh), Oscar (Angleterre, quel miracle!), Yuki (Japon), Patrick (Chine) et, ben moi! Jusqu'ici tout va bien! Patrick est un cuisto qui veut nous faire goûter de la 'vraie' bouffe chinoise: incroyable!!! Tasse-toi de d'là poulet général tao! Et les grains de poivre spécial qu'il utilise te gèle un peu la langue. C'est ben bon!
Southwark est du côté Sud de la Tamise. Ce qui fait de moi une vraie fille de la rive-sud! Le quartier a mauvaise réputation plus au Sud de où j'habite, mais à part les recommandations d'usage ce n'est pas si pire. Malheureusement il y a de la violence entre des gangs de jeune, mais pour le reste c'est plutôt des familles qui habitent ici. Quant à moi, je suis dans la 'belle' partie qui longe la rivière, et ma marche jusqu'à l'école comporte son lot de sites touristiques comme Shakespeare's Globe, Millenium Bridge, Cathedrale de St-Paul, Borough Market, et Tower Bridge bien sûr... Pas facile de faire son jogging un samedi après-midi! Je suis très chanceuse, je peux changer d'itinéraire (vue le nombre de ponts que je peux traverser sur mon chemin), et je découvre du nouveau en permanence! Je suis une touriste malgré moi: je marche complètement insouciante... et VLAM trafalguar square ou Big Ben est juste devant moi. Et moi qui pensait juste aller au magasin de cellulaire!...
FAIRE DU BICYCLE AVEC LES GRANDS
Je pense avoir déjà mentionné la difficulté que j'ai rencontré en essayant de me déplacer à vélo à Londres. La bonne nouvelle, c'est que j'ai commencé à m'habituer. La mauvaise, c'est que c'est un sport qui demande beaucoup trop de témérité ici. Suis-je téméraire? Bof...
Vous savez comment M. Yves de la circulation à Radio-Canada gueule parfois le matin contre les cyclistes qui se promènent entre deux voies d'auto sur la rue Sherbrook? Eh bien ici, c'est exactement ça que tu DOIS faire si tu ne veux pas te faire apostropher par: les piétons, les autos et les autres cyclistes. En bref, un vélo c'est comme une auto (je sais, c'est bien moins solide cependant!). Donc, si tu veux tourner à droite à la lumière, tu dois te tasser dans la voie de droite comme les autos (et on roule sur le côté gauche de la rue). Si tu es assez chanceux pour attraper une lumière rouge, tu te places directement devant la file d'autos, tu signales et tu te garoches dès que la lumière change pour être la première à tourner. Donc, allo les vêtements fluos, les signes de bras et les regards agressifs envers les taxis qui s'avancent sur la ligne des vélos!
Mon ami Lazare, qui est aux Pays-Bas, m'expliquait que là-bas c'est comme un jeu de roche-papier-ciseau-alumette: les autos s'arrêtent pour les vélos, les vélos s'arrêtent pour les piétons, et les piétons s'arrêtent pour les autos (ça marche-tu mon affaire?). Ici, les autos se foutent pas mal de tout le monde, les piétons traversent un peu n'importe où n'importe quand, et les autres vélos te dépassent à toute vitesse (je suis une personne de petite taille sur un petit vélo rose avec des vieilles vitesses! je peux pas aller vite!) Donc, tu es comme l'allumette que personne utilise car elle peut se faire écraser par la roche, couper par le ciseau, et est juste bonne à brûler le papier!
Mais comme c'est plus rapide et moins cher le vélo! Et comme c'est agréable quand il fait soleil!
LE RESTE À VENIR! Je m'en vais célébrer Halloween!
Joyeux Halloween tout le monde!
