Saturday, 11 April 2009
You're out!
L'économie va mal, on le sait. Une grosse bulle (spéculative) vient de péter, et ça a 'splashé' jusque dans l'économie réelle et dans la vie de beaucoup trop de gens. Aux États-Unis en particulier où le filet social est, disons-le ainsi, mince et parsemé de trous, le coup a été particulièrement dur pour plusieurs qui ont perdu leur emploi, leur assurance maladie, leur maison, leur raison.
Est-ce une association trop rapide ou plutôt un oh-so-well-needed wake-up call pour certains médias américains? Le Guardian cette semaine met côté à côté trois phrases à propos de trois faits troublants:
- 700 000 Américains ont perdu leur emploi en mars 2009
- Trois tueries ont eu lieu au cours du même mois, commises par des hommes ayant récemments perdu leur emploi.
- Un réseau de média américain lancera une nouvelle série réalité nommée Someone's Gotta Go...
Le concept de la série est simple: en temps de crise économique, plusieurs entreprises doivent diminuer leurs coûts d'opérations afin de rester solvables. Une manière d'y arriver: couper dans le personnel. C'est sur, c'est pas une partie de plaisir pour le patron qui a quand même une capacité, plus ou moins importante, d'empathie. Si le patron n'a pas beaucoup de cette dite-empathie, il se dit: laissons les employés faire cette sale job à ma place, et laissons-les décider qui renvoyer! On se sauve d'être pointé du doigt comme le 'méchant' dans l'affaire, puisque les employés eux-mêmes se voient chargé d'accomplir de façon 'rationelle' cette tâche! Ainsi, les employés devront plaider auprès de leurs pairs pour leur survie et prouver qu'ils méritent bien leur salaire à la fin du mois. À la fin de l'émission, un vote à-la-survivor décidera qui perdra son emploi.
Le journaliste ne blâme pas les tueries sur la série télévisée. Plutôt, il nous fait réaliser à quel point il y a quelque chose de profondément et fondamentalement tordu dans ce nouveau concept de télé-réalité (nous venant des mêmes copains que Big Brother, émission qui elle-même était choquante à l'époque, alors qu'on se rappelait du Truman Show avec Jim Carrey et de comment on se disait en regardant le film au cinéma: 'mais ça ne se peut pas une affaire de même!')
Ouais, vous pouvez probablement imaginer mon expression faciale à la lecture de ce nouveau concept-télé. Marx doit se retourner dans sa tombe. Les producteurs doivent se réjouir que la tradition syndicale ne soit pas trop forte aux États-Unis, sinon ça diminuerait leur bassin de participants potentiels pour l'émissions...
Au même moment, en France des employés ont procédé au 'bossnapping' de leur patron, disant qu'il s'agit de moyens de pression face au réfus de négotiation de la partie patronale.
Drôle (et triste) d'époque se dit-on...
Saturday, 4 April 2009
Looonnnggggue absence; Granada-Londres-Paris et les chips anglaises
Comme l’a fait remarquer Philippe, ça fait des siècles que je n’ai pas écrit dans ce blog. Donc, retournons un peu en arrière… À mon retour en Europe après le temps des fêtes, j’ai tout d’abord été faire une petite visite à Martine à Grenade en Espagne. C’est à mon vrai retour à Londres en début janvier que je me suis finalement sentie plus chez moi dans la ville, et j’avais même hâte de retrouver ma petite chambre et de marcher le long de la Tamise jusqu'à l’Université. Comme quoi il faut parfois partir pour réaliser à quel point on s’attache à quelque part. Maintenant au début avril je m’ennuie bien sûr un peu de Montréal et des gens qui s’y trouvent (Montréal incluant tout le Québec dans ma tête de Montréalaise nombriliste!), mais je sais aussi qu’il y a beaucoup de choses que j’ai encore à voir et à faire à Londres.
Je suis présentement (déjà!) en congé après la fin de ma deuxième et dernière session de cours. 10 semaines intenses à faire des lectures, écrire des dissertations, préparer des présentations…et à faire du jogging, sortir dans les pubs et à Borough Market comme on le fait à Londres! Leçon de la session : le Snake Bite ce n’est pas pour moi! Ce drink populaire chez la jeunesse anglaise est un mélange de bière blonde, de cidre en fut, et de sirop de petits fruits sucrés qui donnent une combinaison chimique qui tape particulièrement, avec un petit haut le cœur en prime à cause du goût sucré s’apparentant au jello rouge. Je retourne au cidre tout cour ou à la bière pure.
Côté académique, encore une fois je me suis concentrée beaucoup sur l’économie politique, avec aussi un cours sur la politique et le développement en Amérique Latine. Comme le programme est intensif et s’étale sur seulement un an, même les congés sont plutôt occupés. Tout comme à noël, j’ai présentement un travail à écrire pour la fin avril, et je dois aussi déposer ma proposition de thèse à la même date. Mai sera dédié à des cours de révision et à de l’étude qu’on espère sérieuse et productive, et la grande majorité de mon année ici à LSE (côté notes) se jouera en 10 jours en début juin. 5 examens, dont 3 compteront pour 100% de ma note, et tout ça entre le 8 et le 18 juin! J’eux vous dire que j’ai déjà hâte au 19! La pression commence à se faire sentir, alors on n’y pense pas trop et on va à….Paris!
Eh oui, j’ai été visiter Paris entourée de bons amis, alors envoye le parlé-québécois et les références culturelles que personne ne comprend ici à Londres. Ça fait du bien je dois dire, surtout que je me suis fait accusée à deux reprises d’avoir un accent British sur mon message de boîte vocal... Et puis saviez-vous qu’il est impossible semble-t-il de camoufler un accent québécois aux Parisiens? Martine a eu beau essayer de neutraliser son accent brossardois et d’utiliser la passe du passeport français (hehe la double citoyenneté!), elle a quand même eu droit au récit du restaurateur parisien qui a mangé son meilleur repas québécois ‘à la cabane à sucre dites-donc’! S’il savait de quoi c’est fait les oreilles de Chris…
Bref, j’ai découvert une nouvelle ville tout en replongeant dans un environnement beaucoup plus familier que ce que je trouve à Londres. Bien sûr, culturellement et côté linguistique Paris est beaucoup plus proche de Montréal. Mais j’ai pris conscience qu’il y a aussi un petit quelque chose d’autre (le côté ‘latin’?) qui nous rend plus proche des français que des British (et que ce soit au québec ou en France, la génération de la jeune vingtaine connaît les Intrépides, et se souvient peut-être même du numéro de téléphone à appeler ‘Si t’as des soucis, ou besoin d’un ami’!)
Mais une très bonne chose avec cette escapade, c’est que maintenant je trouve ça ‘cheap’ de m’acheter une bière ou un café à Londres!! Bien sûr, quand on pense en argent canadien ton café reste ridiculement dispendieux à Londres, mais comparé au café crème tiède à 3,70 euro ou au ‘café noisette’ à 2,50 euro on se sent tout à coup bien plus heureux qu’avant! (mais bien sûr, le fromage, le pâté et le croissant sont bien moins chers en France. Mais bon on se console de ce qu’on a!)
Coups de cœur à Paris? Hum… marcher des heures et toujours s’étonner de la beauté de la ville. Des trottoirs pas mal plus grands qu’à Londres. Les vitraux de la Basilic Notre-Dame (pour de vrai! Surtout ceux qui datent des années 1960.). Et le Vélib, ce système qui je crois est maintenant installé à Montréal, et qui permet de louer un vélo à très bas prix afin de se déplacer dans la ville. On espère qu’il sera utilisé à Montréal, et que la ville réussira à diminuer le coût de l’abonnement. Car franchement, c’est super utile de pouvoir attraper un vélo, pédaler jusqu’à un point A, marcher à un point B et attraper un autre vélo pour rentrer à la maison. Très flexible quand tu n’es pas certain de vouloir reprendre le vélo pour rentrer à la maison à la fin de la journée. Et finalement, j’ai aimé retrouver les petites boutiques et pâtisseries, qui sont plus difficiles à trouver à Londres où tout semble être une chaîne. Le café, le pub, l’épicerie…presque tout appartient à une chaîne ici!
Mais surtout, ça m’a fait du bien de retrouver des copains et de passer du bon temps ensemble. J'ai aussi eu la chance d'avoir une agréable visite d'Emmanuelle il y a quelques semaines, qui m'a aussi permis de jouer à la touriste à Londres, chose que je devrais faire plus souvent! Maintenant je m’ennuie un peu à Londres, surtout que beaucoup de mes amis sont partis chez eux ou en voyage pour le congé. Prenons le du bon côté, ça devrait m’inciter à travailler tiens!
Chronique insolite de la semaine : c’est quoi l’affaire avec les saveurs de chips en Angleterre? Premièrement, ici des frites = chips; et des chips nord-américain = crisps. Donc c’est pour ça qu’on sert des frites avec un ‘fish and chips’. Deuxièmement, les saveurs BBQ et ketchup sont introuvables. À la place : saveur steak (qui coûte vraiment le steak…); poulet et lime; ‘Builder’s Breakfeast’(oui oui, il y a une image d’une tranche de jambons et d’un œuf tourné sur l’emballage!); crevettes; fromage bleu; et la meilleur : cacao et épices. Je choisis sel et vinaigre. C’est conservateur comme choix, mais tu ne te trompes pas.
À venir, le G20 à Londres et les manifestations qui l’on accompagné. Shocking you say?