Someone's Gotta Go...
L'économie va mal, on le sait. Une grosse bulle (spéculative) vient de péter, et ça a 'splashé' jusque dans l'économie réelle et dans la vie de beaucoup trop de gens. Aux États-Unis en particulier où le filet social est, disons-le ainsi, mince et parsemé de trous, le coup a été particulièrement dur pour plusieurs qui ont perdu leur emploi, leur assurance maladie, leur maison, leur raison.
Est-ce une association trop rapide ou plutôt un oh-so-well-needed wake-up call pour certains médias américains? Le Guardian cette semaine met côté à côté trois phrases à propos de trois faits troublants:
- 700 000 Américains ont perdu leur emploi en mars 2009
- Trois tueries ont eu lieu au cours du même mois, commises par des hommes ayant récemments perdu leur emploi.
- Un réseau de média américain lancera une nouvelle série réalité nommée Someone's Gotta Go...
Le concept de la série est simple: en temps de crise économique, plusieurs entreprises doivent diminuer leurs coûts d'opérations afin de rester solvables. Une manière d'y arriver: couper dans le personnel. C'est sur, c'est pas une partie de plaisir pour le patron qui a quand même une capacité, plus ou moins importante, d'empathie. Si le patron n'a pas beaucoup de cette dite-empathie, il se dit: laissons les employés faire cette sale job à ma place, et laissons-les décider qui renvoyer! On se sauve d'être pointé du doigt comme le 'méchant' dans l'affaire, puisque les employés eux-mêmes se voient chargé d'accomplir de façon 'rationelle' cette tâche! Ainsi, les employés devront plaider auprès de leurs pairs pour leur survie et prouver qu'ils méritent bien leur salaire à la fin du mois. À la fin de l'émission, un vote à-la-survivor décidera qui perdra son emploi.
Le journaliste ne blâme pas les tueries sur la série télévisée. Plutôt, il nous fait réaliser à quel point il y a quelque chose de profondément et fondamentalement tordu dans ce nouveau concept de télé-réalité (nous venant des mêmes copains que Big Brother, émission qui elle-même était choquante à l'époque, alors qu'on se rappelait du Truman Show avec Jim Carrey et de comment on se disait en regardant le film au cinéma: 'mais ça ne se peut pas une affaire de même!')
Ouais, vous pouvez probablement imaginer mon expression faciale à la lecture de ce nouveau concept-télé. Marx doit se retourner dans sa tombe. Les producteurs doivent se réjouir que la tradition syndicale ne soit pas trop forte aux États-Unis, sinon ça diminuerait leur bassin de participants potentiels pour l'émissions...
Au même moment, en France des employés ont procédé au 'bossnapping' de leur patron, disant qu'il s'agit de moyens de pression face au réfus de négotiation de la partie patronale.
Drôle (et triste) d'époque se dit-on...
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